Métabolisme du lactate et moustiques

Certaines personnes semblent attirer particulièrement les moustiques — un phénomène qui pourrait avoir une explication biochimique. Les travaux sur l'attraction olfactive des moustiques mettent en évidence le rôle central du lactate cutané comme "mot de passe" olfactif, bien que son effet résulte d'une synergie avec d'autres métabolites (ammoniaque, acides carboxyliques, CO₂).

Pourquoi certaines personnes attirent-elles davantage les moustiques ?

Plusieurs études ont exploré cette question. La métabolomique joue un rôle important en identifiant des profils métaboliques spécifiques, comme une production accrue de lactate, qui influencent l'attractivité des individus pour les moustiques.

Il est important de mentionner que si le lactate est l'un des principaux composants attractifs, il n'attire pas ou peu les moustiques à lui seul. L'attraction résulte d'une synergie entre différents métabolites :

  • Lactate cutané
  • Ammoniaque
  • Acides carboxyliques (C8–C14)
  • Dioxyde de carbone (CO₂)

Les acides carboxyliques peuvent être neutres ou répulsifs lorsqu'ils sont présentés individuellement. Cependant, ils peuvent fortement augmenter l'attraction des moustiques lorsqu'ils sont combinés avec de l'ammoniaque et de l'acide lactique.

"Nombres d'études convergent : le lactate est le marqueur olfactif minimal permettant au moustique anthropophile d'authentifier une cible humaine. Sans ce signal, même les acides C8–C14 ou l'ammoniac n'induisent qu'une attraction résiduelle."

Il faut garder à l'esprit qu'avec 65 espèces présentes rien qu'en France, toute étude se limitant à une seule espèce transporte un biais de sélection important.

La production de lactate dépend de votre métabolisme

La production de lactate dépend de l'équilibre métabolique du pyruvate, régulé par la lactate déshydrogénase (LDH). Des déficits en vitamines du groupe B, notamment en thiamine (B1) et en niacine (B3), peuvent perturber cet équilibre, favoriser la conversion du pyruvate en lactate et potentiellement augmenter l'attractivité pour les moustiques.

Le déficit en B3, en réduisant le NAD⁺, reproduit un état redox semblable à l'hypoxie, avec augmentation du rapport NADH/NAD⁺ et déplacement de l'équilibre pyruvate/lactate vers le lactate.

La suite de l'analyse est sur Evosphere

Les mécanismes complets — comment les carences en B1 et B3 modifient le métabolisme du pyruvate, les parallèles avec l'hypoxie, et les implications cliniques — sont disponibles sur la plateforme Evosphere.

Accéder à Evosphere →

Essai 7 jours gratuit · 6,90 € / mois ensuite

Références

  1. DOI: 10.1002/9780470514948.ch11
  2. DOI: 10.1126/science.161.3848.1346
  3. DOI: 10.1007/s10886-009-9668-7
  4. DOI: 10.1093/chemse/26.5.523
  5. DOI: 10.3390/insects12060528
  6. DOI: 10.1016/j.cell.2022.09.034